L’air abattu affiché par Moncef Ammar (18 ans), fixant tête basse le bout de ses chaussures dans un coin d'immeuble d'une des nombreuses cités à Souk-Ahras, au bord des larmes pour n’avoir pu trouver de tissu vert pour confectionner une banderole à la gloire de l’équipe nationale, en dit long sur l’extraordinaire "fièvre verte" qui s’est emparée de tous les Algériens, qu’ils soient jeunes ou âgés, hommes ou femmes.
Moncef jure avoir fait le tour de toutes les boutiques de l’antique "Taghaste" sans pouvoir trouver le moindre bout d’étoffe de couleur verte. "Je suis arrivé trop tard car tout a été vendu pour la fabrication de drapeaux, de banderoles, de chapeaux et autres écharpes", regrette le jeune homme, dépité.
A Souk-Ahras, Tébessa, Annaba, Jijel, Skikda, Mila, Constantine, Batna ou Sétif, les jeunes supporters, qui ont fait "main basse" sur tous les drapeaux disponibles, du plus petit emblème à l’étendard démesuré, rivalisent d’ingéniosité pour confectionner toutes sortes d’articles vestimentaires où le vert domine. Même les emblèmes nationaux des institutions publiques et des administrations, en passant par les guirlandes barrant les avenues, n’ont pas échappé à cette "razzia".
Il est difficile de traverser la moindre rue, même dans les lointaines périphéries des grandes villes, sans tomber sur une boutique improvisée proposant toute une panoplie d’articles dédiés à Mourad Meghni et ses camarades et diffusant à pleins décibels les derniers "tubes" à la gloire de l’EN.
A Constantine, où les DJ affûtent leurs "armes", de nombreuses voitures sillonnent déjà , drapeaux au clair et klaxons à fond, les artères du Vieux Rocher, donnant un avant goût de ce que pourrait être la fête, samedi vers 20 heures 15, pour peu que la bande à Rabah Saadane arrache sa qualification au pied des pyramides.
Nezzar Nasri (29 ans), commerçant à la nouvelle ville Ali Mendjeli, ne se fait aucun souci à ce sujet. Du moins le laisse-t-il croire, affirmant, prenant à témoin son ami Ramzi Boudemagh (33 ans), chauffeur de taxi, qu’il est "impensable que la défense algérienne qui n’a pris que deux buts lors de ses 5 derniers matches puisse en encaisser autant au Caire". Ramzi semble s’être découvert, quant à lui, une âme de fin tacticien en soutenant que Saadane "serait bien inspiré de titulariser Yacine Bezzaz qui a déjà privé l’Egypte de la qualification au Mondial 2002, en le plaçant en soutien à Abdelkader Ghezzal".
Des discussions semblables, dans la ville des ponts, sont légion et contribuent à conférer un surcroît d’animation dans les cafés, les restaurants, chez le coiffeur du coin ou même autour du repas, à la maison. Tout y passe, le positionnement des joueurs, l’utilisation des "couloirs", les balles arrêtées ou encore la meilleure manière de museler Aboutrika ! Mais, le fait le plus remarquable vient de la wilaya de Mila où des jeunes de la localité de Zeghaïa (10 km de Mila) ont confectionné et accroché un drapeau de 200 mètres de long sur 10 m de large ! A Mila-ville, la confiance en Rabah Saadane et ses hommes est telle que des dizaines de miléviens ont organisé une quête pour acheter les quantités de viande nécessaire pour la préparation d’un "M’haouer" (couscous local) pour des centaines de personnes au soir du 14 novembre.
Bouzid Hamlaoui, un Sétifien de 70 ans, supporter invétéré de l’ESS, trouve quant à lui tout à fait normal qu'à quelques jours de la finale de la Coupe de la CAF et de la 1/2 finale retour de la Coupe de l’UNAF qui attendent l’Entente de Sétif, le "vert et blanc" a évincé le "noir et blanc", les deux couleurs les plus prisées des Sétifiens. Même les "ultras" de l'ESS ont adopté le "vert et blanc" qui a envahi toute la ville, soumise et conquise par les "Verts". "C’est vous dire", glisse en souriant ce vieux supporter qui a vu évoluer les anciennes stars de l'ESS, comme Salhi, Koussim ou Gaga.
ApsÂ

Par yacine, novembre 12, 2009












Allez l'Algérie, jusqu'au bout.
Bonne chance.